
60 000 personnes environ sont concernées en France, définition :
- de 1/20e de vision, soit le " Z " de l'ophtalmo grossi deux fois
- ou bien un champ visuel inférieur à 10° (au lieu de 180°)
- il y a entre 1.5 et 3 millions de mal voyants (- de 4/10e après correction).
Les causes sont multiples :
- maladies génétiques, néonatales, de la mère,
- infirmité motrice cérébrale,
- cataracte, glaucome, dégénérescence maculaire due à l'âge, névrite, décollement de la rétine,
- diabète,
- accident (chasse, route, brûlure) etc.
Et les effets diffèrent (il n'y a pas qu'une cécité) : des effets de flous, des " trous " dans la vision, une diminution de la vision périphérique ou de la vision nocturne, une impossibilité de voir si le contraste ombre/lumière n'est pas suffisant etc.
Les non voyants ne fonctionnent pas non plus de la même manière selon qu'il ont (ou pas) des souvenirs visuels :
- s'ils en ont, ils peuvent utiliser un plan relief, aidés par une bonne description qui leur permettra d'imaginer,
- s'il n'en ont jamais eus, ils ont pu apprendre le braille (20 000 utilisateurs) et utilisent beaucoup l'audition et perçoivent parfaitement la mise en scène de l'espace grâce aux sons (exp. du château de Blois, où le son " image " la descente de l'escalier à vis monumental) mais il faut que l'acoustique soit correcte.
D'autres repères : les textures, les pentes, les odeurs…
Reste impossible à percevoir (d'où frustration) : le paysage, le monumental dans sa totalité.
Des solutions :
- les maquettes manipulables réalisées dans un matériau agréable au toucher,
- les moulages (agrandis ou diminués),
- les dessins en relief.
Des conseils :
- découvrir des œuvres manuellement c'est fatiguant (il faut un travail mental important), donc il faut se limiter : 10 à 12 " objets " suffisent pour une visite,
- faire des choix pour accentuer la lisibilité (des matières lisses, des formes simples),
- tenir compte du fait que : la densité, la masse, la température, la texture, la maniabilité, le volume, le relief " passent " au toucher à condition qu'on puisse toucher des deux mains (pas d'audio guide manuel) et que le toucher soit actif (manipulation),
- laisser explorer en autonomie les adultes (ne pas les traiter comme des enfants),
- un animal naturalisé sera souvent la seule expérience d'oiseau qu'ils pourront avoir, ou bien des sculptures très concrètes (type Pompon).
On peut aussi utiliser le papier thermogonflable grâce à trois procédés :
- le gaufrage (exp. les billet d'Euros en relief par GEP Gravure - Dijon),
- le thermoformage (un peu bricolage) : faire une matrice avec un relief pas trop important (exp. une paire de ciseaux et la machine en prend une empreinte),
- la maquette (cf. l'association Braille culture -Elisabeth Dapzol).
Les points à soigner :
- les escaliers (nez de marche contrasté pour descendre, tête de marche sombre pour monter),
- les rampes (les prolonger au delà de la dernière marche pour ne pas piéger la personne),
- les cheminements implicites (allées colorées au sol),
- les repères non ambigus pour la canne,
- les bornages blancs au sol,
- les caractères géométriques, simples, sur fond uni bien contrasté,
- un éclairage très dirigé sur l'objet à condition qu'il n'y ait pas de reflets (calculer l'angle) dans une lumière générale aussi homogène que possible.
Conviennent à tous les types de handicaps visuels :
- le contraste,
- la gestion de la lumière,
- l'absence d'obstacles,
- les escaliers et rampes ad hoc.
Un seul facteur peut être différemment apprécié selon les cas, c'est l'intensité de la lumière à l'intérieur : l'idéal c'est une lumière modulable.